Il s'agit de notes pour l'exposé qui ouvrit en 1978 les Rencontres d'Octobre, organisées chaque année par l'association des Ecrivains de Serbie, à Belgrade, pour l'anniversaire de la libération du pays. "D'abord, je veux remercier l'Association des Écrivains de son invitation parce que, inviter l'étranger, c'est déjà donner une réponse pratique à la question proposée pour cette rencontre: littérature et communication ; c'est même l'articuler. Toutefois, JE SUIS SEPARÉ PAR MA LANGUE. Et je le demeure. En un sens, nous n'avons de commun qu'une humanité au sujet de laquelle la littérature contemporaine justement s'interroge. Mais l'humanité est aussi notre distance puisqu'elle ne va pas sans la langue, et que la langue nous sépare. C'est donc ce paradoxe que j'interrogerai : ce qui nous qualifie, ce qui nous permet d'être ensemble, est également ce qui nous sépare. La contradiction nous éloigne et elle nous réunit..." |