L'exil est le moment où s'éprouve, souvent dans la douleur, l'attachement quasi charnel que l'on a pour le territoire (pays, sol natal, patrie) et pour le groupe (famille, parenté, communauté, nation) dont on est issu. La nostalgie, au fond, dit bien ce qu'est l'exil : une quête de l'impossible ubiquité, ce rêve d'être ici et là en même temps et tout le temps. Elle se nourrit de cette duplicité entre deux vies simultanées vécues sur deux registres différents, ceux de la réalité et du désir. La réalité d'une vie active, au présent, lourde de matérialité, d'immédiateté, de quotidienneté ; et le désir que traduit une vie tout intérieure, secrête, faite de souvenirs et d'imagination de ce qui n'est plus, mais sera peut-être à nouveau demain, vécue en surimpression sur la vie effective.
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